A.A.T. n° 131
La transaction-relation - juillet 2009
Éditorial
Salomon Nasielski, Ré-apprenons à réfléchir..., pp. III-IV
Articles
Helena Hargaden et Brian Fenton, Théorie de l’intersubjectivité et transactions non-verbales, pp. 1-27
Résumé :
Sur le fondement des recherches récentes sur l’intersubjectivité et de l’orientation relationnelle récente des psychanalyses,
l’article examine la notion d’intersubjectivité et ses conséquences pour la thérapie au niveau préverbal des relations et des transactions.
L’intersubjectivité renvoie à une « psychologie à deux personnes » (par opposition à la psychologie individuelle en vigueur du temps de Freud
et de Berne), en mettant en lumière le rôle essentiel de la dimension interactive de la relation dans la croissance comme dans l’ici et maintenant.
Des deux côtés, la relation est donc « plus riche que la somme des partenaires ». L’intersubjectivité primaire, qui se développe de la naissance
à 6 mois, est caractérisée par la perception qu’ont les partenaires, à l’origine la mère et le nourrisson, de leur vécu réciproque :
elle implique un véritable « partage de mental à mental » à travers un espace intermédiaire commun (parfois dénommé « troisième subjectivité »).
C’est à partir d’elle que se constituent non seulement l’intersubjectivité secondaire, mais aussi la pensée
(qui est donc dès le départ « co-pensée »), le langage et le sens de Soi. L’intersubjectivité secondaire, qui se développe de 6 à 12 mois,
permet d’élargir la relation pour tourner l’attention ou l’activité commune vers une personne ou une chose externes. Dans la thérapie, c’est au
niveau de l’intersubjectivité primaire, qui reste toujours sous-jacente au processus, que s’opèrent les changements véritables au niveau du sens
de Soi ; il est donc capital que le thérapeute perçoive et prenne en compte cette dynamique préverbale, émotionnelle et inconsciente, à laquelle il
a accès par l’examen de son propre vécu (contre-transfert), à condition de se permettre d’être « changé » émotionnellement par le client dans son
voyage de découverte avec lui. J. G.
Claude M. Steiner, S’excuser : l’analyse d’une transaction fondamentale, pp. 28-37
Résumé :
Parmi les options transactionnelles enseignées dans l’alphabétisation émotionnelle, une des plus importantes et des plus difficiles est la
transaction d’excuses. Cet article présente une analyse systématique des éléments constitutifs d’une transaction d’excuses dans son ensemble
et donne des exemples. Il vise à servir d’exemple à ce que l’auteur considère comme l’utilisation la plus pertinente de l’analyse transactionnelle,
celle qui repose sur la théorie de l’analyse des transactions.
Evrard Brigitte, José Gregoire, Jean Maquet et Jean-Pierre Quazza,
Autonomie des pratiques I : peut-on transiger avec la théorie ?, pp. 38-47
Résumé :
Dans cet article, les auteurs attirent notre attention sur le fait que la théorie est toujours un modèle visant à appréhender une réalité,
et qu’en aucun cas elle ne saurait se substituer à cette réalité. Partant de ce présupposé, ils nous montrent qu’une réification de la théorie,
c’est-à-dire la confusion entre le concept et la réalité, peut entraîner des dérives dommageables dans nos pratiques en analyse transactionnelle.
Dans la même veine, les auteurs nous mettent en garde sur les dangers de l’auto-référencement. Enfin ils proposent une réflexion épistémologique
sur les paradigmes qui marquent l’analyse transactionnelle. D. Q.V.
Evrard Brigitte, José Gregoire, Jean Maquet et Jean-Pierre Quazza,
Autonomie des pratiques II : peut-on transiger avec la théorie ? L’exemple du concept de transaction, pp. 48-56
Résumé :
Dans ce second article, les auteurs appliquent leur grille d’analyse à la théorie des transactions. Ils relèvent d’abord, à la suite de Barnes,
qu’Eric Berne a successivement utilisé deux paradigmes pour décrire cette unité d’échange entre les personnes : le premier est un paradigme
d’influence, qui suppose une intention chez l’émetteur et suscite une réponse de l’interlocuteur : du coup, la question de l’utilisation de cette
influence, et donc du pouvoir, ne peut être éludée. Le second paradigme porte sur la communication ; il s’oriente vers la création d’un « champ
relationnel », bien illustré par les transactions à double fond ; il ouvre la voie à une prise en compte du non-conscient, et donc, ultérieurement,
du transfert. Plutôt que d’exclure l’une ou l’autre conception, les auteurs proposent de conserver ce double arrière-plan, mais en même temps de
bien avoir en tête, lorsque nous les mettons en œuvre dans nos pratiques, le souci des implications (et des limites) de chacune de ces constructions
théoriques. J.P. Q.
Forums
Anne-Clotilde Abecassis, Méconnaissances ? Vraiment ???, pp. 59-60
Elyane Alleysson, Un processus, pp. 60-62
Anne Noé, Réveiller "l'endormi", pp. 62-64
Marie-Christine Seys, Ignorance, méconnaissance, connaissance, reconnaissance..., pp. 64-65